Yaoundé, le 29 juillet 2026 — La première journée de l’atelier national « Cap sur la COP31 » s’est ouverte au Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale.
Organisée par JVE Cameroun, cette rencontre réunit plus de 25 journalistes, communicants et blogueurs issus des dix régions du Cameroun. Elle vise à renforcer leurs connaissances sur les mécanismes de gouvernance climatique et à améliorer la qualité de la couverture médiatique des politiques et négociations internationales sur le climat.
L’activité s’inscrit dans le cadre du projet AGEYCA : Advancing Gender Equality Through Youth Engagement for Green Governance and Climate Action in Cameroon, financé par le Fonds des Nations Unies pour la démocratie.

Une ouverture placée sous le signe des droits humains
La cérémonie officielle a débuté par le mot de bienvenue de M. Christian Lumbala, représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme pour l’Afrique centrale.
Son intervention a permis de rappeler les liens étroits entre les changements climatiques, les droits humains, la participation démocratique et la protection des populations vulnérables.
Les conséquences des dérèglements climatiques affectent directement plusieurs droits fondamentaux, notamment le droit à la santé, à l’alimentation, à l’eau, au logement et à un environnement sain.
Dans ce contexte, le rôle des journalistes est essentiel pour documenter les impacts, rendre les politiques publiques compréhensibles et permettre aux communautés de participer aux décisions qui concernent leur avenir.
JVE Cameroun présente sa mission et son engagement
La parole a ensuite été donnée à Mme Stéphanie Penanjo, directrice exécutive de JVE Cameroun, pour une présentation de l’organisation, de son parcours et de son ancrage institutionnel.
Elle a rappelé l’engagement de JVE Cameroun dans la promotion du développement durable, de la justice climatique, de la gouvernance environnementale et de la participation citoyenne des jeunes depuis 14 ans.
À travers ses activités de formation, de sensibilisation, de plaidoyer et de mobilisation communautaire, l’organisation accompagne les jeunes, les femmes, les médias et les organisations de la société civile dans leur participation aux politiques environnementales.
Cette présentation a permis aux participants de mieux comprendre la vision de JVE Cameroun et la place qu’occupe la formation des médias dans sa stratégie d’action climatique.
Présentation du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme
M. Alain Bertrand Kamdem Souop, assistant en communication, a présenté le mandat et les principales missions du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en Afrique centrale.
Cette présentation a permis de mettre en lumière le travail réalisé par l’institution dans les domaines de la protection des droits humains, de la participation démocratique, du renforcement des capacités et de l’accompagnement des acteurs institutionnels et de la société civile.
Elle a également rappelé que la lutte contre les changements climatiques doit être fondée sur les droits humains et inclure les personnes les plus exposées aux conséquences de la crise environnementale.
Le MINEPDED souligne la responsabilité des médias

Le mot de bienvenue du ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable a été prononcé par Dr Timothée Kagonbe, représentant du MINEPDED.
Point focal du Cameroun auprès de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et coordonnateur national des processus relatifs à la Contribution déterminée au niveau national et à l’article 6 de l’Accord de Paris, il a procédé à l’ouverture officielle des activités.
Son intervention a mis en évidence l’importance d’une presse capable de comprendre et d’expliquer les mécanismes climatiques nationaux et internationaux.
Les journalistes doivent pouvoir analyser les engagements pris par le Cameroun, suivre leur mise en œuvre et présenter les enjeux climatiques dans un langage accessible aux citoyens.
Le projet AGEYCA présenté aux participants
M. Blondel Silenou, chef du projet AGEYCA, a ensuite présenté les objectifs, les résultats attendus et les principales activités du programme.
Le projet AGEYCA vise à faire progresser l’égalité de genre grâce à l’engagement des jeunes dans la gouvernance verte et l’action climatique au Cameroun.
Il cherche notamment à :
- renforcer les connaissances des jeunes et des médias ;
- promouvoir la participation des femmes aux politiques climatiques ;
- améliorer l’accès des citoyens à l’information environnementale ;
- soutenir les initiatives de plaidoyer ;
- favoriser une gouvernance climatique plus inclusive ;
- créer des espaces de dialogue entre les institutions et la société civile.
L’atelier « Cap sur la COP31 » constitue l’une des activités phares de ce projet.
Youth Climate Watch : l’intelligence artificielle au service des politiques climatiques

La première journée a également été marquée par la présentation de l’application Youth Climate Watch (YCW) par M. ALIMA Venant, consultant en communication et développement de solutions d’intelligence artificielle à JVE Cameroun.
Youth Climate Watch est une plateforme alimentée par l’intelligence artificielle, développée pour faciliter l’accès des jeunes, des journalistes, des chercheurs et des membres de la société civile aux informations relatives aux politiques et aux projets climatiques au Cameroun.
Elle se présente comme un espace de connaissance, de participation citoyenne et de valorisation des acteurs engagés dans l’action climatique.
Contribuer à la production des connaissances climatiques
Les membres enregistrés sur la plateforme peuvent publier et partager différents types de contenus :
- des articles consacrés au climat et au développement durable ;
- des mémoires universitaires ;
- des thèses et travaux de recherche ;
- des analyses de politiques publiques ;
- des rapports et études ;
- des informations sur les initiatives climatiques ;
- des expériences et solutions développées dans les communautés.
Cette fonctionnalité permettra de mieux valoriser les connaissances produites au Cameroun et de faciliter leur accès par les journalistes, les étudiants, les chercheurs, les organisations et les décideurs.
Améliorer la visibilité des acteurs climatiques
Youth Climate Watch constitue également un canal de référencement pour les personnes et les organisations qui travaillent sur les questions environnementales au Cameroun.
En facilitant l’indexation des contenus sur les moteurs de recherche, la plateforme permettra de rendre plus visibles :
- les experts du climat ;
- les chercheurs ;
- les journalistes spécialisés ;
- les organisations de la société civile ;
- les institutions ;
- les projets communautaires ;
- les initiatives portées par les jeunes et les femmes.
Elle contribuera ainsi à mieux faire connaître les compétences et les initiatives climatiques camerounaises.
Cartographier les projets climatiques au Cameroun
L’application intègre également une fonctionnalité de cartographie permettant d’identifier les zones d’intervention des différents projets climatiques.
Les utilisateurs pourront notamment :
- localiser les projets mis en œuvre dans les différentes régions ;
- identifier les domaines d’intervention ;
- consulter les informations relatives aux organisations responsables ;
- repérer les zones insuffisamment couvertes ;
- découvrir des possibilités de collaboration ;
- suivre l’évolution des initiatives climatiques.
Youth Climate Watch doit également constituer un répertoire actualisé des organisations qui interviennent sur les questions climatiques au Cameroun.
Cette centralisation des informations permettra de renforcer la coordination entre les jeunes, les médias, les chercheurs, les institutions publiques, les partenaires au développement et les organisations de la société civile.
La présentation de l’application a ainsi montré comment l’intelligence artificielle peut être utilisée pour améliorer l’accès à l’information, la participation citoyenne et la contribution des jeunes au développement des politiques climatiques.
Début de la formation sur la gouvernance climatique
Après les présentations institutionnelles et la découverte de Youth Climate Watch, les travaux de formation ont débuté sous la conduite du Dr Timothée Kagonbe.
La première session portait sur le thème :
« Comprendre la gouvernance climatique internationale et nationale »
Elle a permis aux participants d’aborder plusieurs notions essentielles :
- la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques ;
- le fonctionnement des Conférences des Parties ;
- les organes subsidiaires de la Convention ;
- les processus de négociation ;
- les groupes africains dans les négociations climatiques ;
- l’Accord de Paris ;
- la Contribution déterminée au niveau national du Cameroun ;
- le Plan national climat ;
- le Plan national d’adaptation à l’horizon 2035.
Des travaux pratiques ont également été programmés afin de permettre aux participants d’appliquer les connaissances acquises à travers des exercices en groupe et des études de cas. Le programme officiel de la première journée prévoyait une cérémonie institutionnelle suivie d’un module de formation consacré à la gouvernance climatique nationale et internationale.
Préparer les médias camerounais à la COP31
Le processus Cap sur la COP31 vise à préparer les professionnels des médias à mieux comprendre et couvrir les négociations climatiques internationales.
Il doit leur permettre de produire des contenus :
- rigoureux et fondés sur des faits ;
- accessibles aux citoyens ;
- adaptés aux réalités camerounaises ;
- attentifs aux questions de genre ;
- sensibles aux droits des communautés ;
- capables de lutter contre la désinformation climatique.
Au-delà de la couverture de la COP31, cette formation contribue à faire émerger un journalisme climatique plus spécialisé et plus engagé dans le suivi des politiques publiques.
Une première journée tournée vers l’information et l’innovation
Cette première journée a permis de réunir les institutions publiques, les Nations Unies, JVE Cameroun, les médias et les acteurs de la société civile autour d’un même objectif : améliorer la compréhension des enjeux climatiques et renforcer la participation citoyenne.
La présentation du projet AGEYCA et de l’application Youth Climate Watch a également montré que la gouvernance climatique peut être soutenue par des solutions numériques innovantes et adaptées aux besoins locaux.
En renforçant les capacités des journalistes, communicants et blogueurs, JVE Cameroun contribue à rendre les politiques climatiques plus accessibles, plus transparentes et plus proches des citoyens.
La deuxième journée de formation sera consacrée à l’Accord de Paris, au Cadre de transparence renforcé, aux financements climatiques, aux pertes et préjudices, à la diplomatie climatique et aux techniques de couverture médiatique.
